Série de projection-débats du film « Nous irons vivre ailleurs » / 15, 16 & 17 octobre 2014 / à Dunkerque, Calais et Hazebrouck

nous irons vivre ailleurs flyer p1NOUS IRONS VIVRE AILLEURS

de Nicolas Karolszyk, avec Christian Mupondo, Léticia Belliccinni, Karim Leeri, Emmanuel Mote, …

France – 2013 – 1h15 – couleurs

Synopsis : Quelque part en Afrique, Zola se laisse convaincre par un énigmatique et charismatique chef d’entreprise que l’Europe est la seule sortie de secours à ses galères. La peur au ventre, Zola décide donc d’entreprendre un périlleux voyage pour la France…

# MERCREDI 15.10 A 19H00 / DUNKERQUE – SALLE 5

(Pôle Marine – rue des Fusiliers Marins / 06 61 97 12 17).

En présence du réalisateur Nicolas Karolszyk et de Christian Mupondo.

Et avec la participation de Claire Millot, membre de l’association Salam Nord/Pas-de-Calais, et de Bertrand Nnouck A Bessong, président de l’association Intégration « Les 3I ».

# JEUDI 16 OCTOBRE A 20H00 / CALAIS – L’ALHAMBRA

(2 rue Jean Jaurès / 03 21 17 73 33 / www.cinéma-alhambra.org)

En présence du réalisateur Nicolas Karolszyk et de Christian Mupondo.

Et avec la participation de Martine Devries, membre de la Plate-forme de Services aux Migrants (PSM).

Veronika Boutinova participera à cette soirée. Elle est l’auteure de la pièce N.I.M.B.Y. publiée cette année par les éditions parisiennes « L’Espace d’un instant ». N.I.M.B.Y. raconte une soirée de Jean-Bert, un Calaisien qui loue son vécé-douche aux migrants et assiste là à l’accouchement d’une jeune Africaine. La pièce sera proposée à la vente dans le hall de l’Alhambra suite à la projection, ainsi que d’autres ouvrages des éditions L’Espace d’un instant.

# VENDREDI 17 OCTOBRE A 20H00 / HAZEBROUCK – LES ARCS-EN-CIEL

(4 place du Général de Gaulle 06 87 97 74 49 / www.arcsenciel-cine.fr)

En présence du réalisateur Nicolas Karolszyk et de Christian Mupondo.

Et avec la participation de Damien Defrance, membre de Terre d’Errance (Steenvoorde), de Dominique Ruelle-Bourgeois, bénévole solidaire des exilés du camp de Tatinghem et Nan, co-présidente de Terre d’Errance (Norrent-Fontes).

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Ces trois soirées seront également l’occasion de découvrir l’exposition de photographies de Julien Saison intitulée « Le camp des exilés de Tatinghem (Pas-de-Calais, secteur de Saint-Omer) en quelques images ; conditions de vie, solidarité locale ».

« Sans misérabilisme ou moralisation, j’ai souhaité mettre en lumière une réalité sombre, déshumanisante, ignorée volontairement ou non de la population locale ; une réalité cachée dans un bosquet… »  Par Julien Saison / O2e.

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APPEL AUX DONS !!

Nous profitons des projections pour collecter des couvertures, duvets, tentes, bâches, chaussures et pantalons de jean (tailles 38 à 44), blousons, bonnets, gants, écharpes, produits d’hygiène…(cf. la liste détaillée des besoins).

Merci d’avance !

Flyer Nous irons vivre ailleurs

« Passagers du monde » / Numéro 4 (28.08.2014)

les-ptites-oreilles-2« Passagers du monde », 4ème étape. Dans cette nouvelle émission, la petite équipe d’animateurs composée d’Hans et Maël a l’immense honneur d’accueillir deux vénérables membres de l’association Terre d’Errance (Norrent-Fontes), Nan et Thomas Suel.

Au menu de cette émission, un zoom sur la situation à Norrent-Fontes, petit village du Pas-de-Calais proche de l’autoroute A 26, où bon gré mal gré, des exilés venus d’Érythrée, d’Éthiopie et du Soudan, survivent dans un camp de fortune, dans l’attente d’une étape future en Angleterre ou ailleurs.

Retour donc sur l’historique de la situation, sur la création et l’action de l’association, le tout ponctué par des textes écrits et lus par Thomas, qui dans la « vraie vie », se trouve également être un artiste-bricoleur des sons et des mots. Puis, nous nous arrêterons sur le témoignage d’un exilé érythréen recueilli par l’ex-présidente de Terre d’Errance, Lily Boillet, intitulé « Comment je suis devenu passeur » et publié en juillet 2009 dans la revue Plein droit du GISTI.

En fin d’émission, Hans nous donnera quelques nouvelles de Calais.

D’ailleurs, à ce propos, nous lançons un appel à animateur/animatrice : le génial et pertinent camarade Hans s’en retourne dans sa contrée bruxelloise. Par conséquent, nous sommes à la recherche de voix pouvant prendre le relai et poursuivre la route de « Passagers du monde ». Si vous êtes intéressé.e, n’hésitez pas à laisser un petit mot à contact@psmigrants.org.

@ la prochaine (peut-être)…

# « Passagers du monde » numéro 4 :

 

# La poésie « en passant » de Thomas Suel dans cette émission n° 4 :

Les aidants, Thomas Suel

(Texte écrit pour les bénévoles de Terre d’Errance (Norrent-Fontes) dans le cadre d’un programme d’évènements à l’occasion des 10 ans de la fermeture du camp de Sangatte)

Vous me demandez mon nom, Thomas Suel

# La bande sonore de « Passagers du monde » numéro 4 :

  • Cette femme ocre de latérite, Apkass, En marchant vers le soleil.
  • On a tout compris, Tiken Jah Fakoly featuring Anthony B, Françafrique.
  • Bouger, bouger, Magic System, Cessa kié la vérité.
  • La France des couleurs, Idir, La France des couleurs.

Les interviews ont aimablement été mis à notre disposition par le blog « Passeurs d’hospitalité ».

 # La valise de « Passagers du monde » numéro 4 :

Pour ce numéro 3, la valise des passagers contenait deux livres de jeunesse :

  • « Partir » d’Isabelle Colombat, aux éditions Thierry Magnier, est un recueil de 10 nouvelles abordant la question de l’exil et du voyage.
  • « Les migrants » de Mariana Chiesa Mateos.

 

Crédits : Terre d'Errance Norrent-Fontes

Sur les murs du camp de Norrent-Fontes / Crédits : Terre d’Errance Norrent-Fontes

CALAIS / Tournoi de foot contre le racisme et en soutien aux exilés / dimanche 07.09.2014

Sans titre

A Calais, là où certains établissent des barrières (réelles ou imaginaires) entre les calaisiens d’un jour (les exilés) et les calaisiens de toujours (les habitants), un petit groupe de bénévoles et militants motivés lance cette idée de rencontre autour du football dimanche après-midi 07.09.2014, de 14h à 18h, à la Citadelle.

Le « Foot du Monde » aura lieu à la Citadelle, sur le terrain public où des exilés jouent chaque dimanche. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’entrée sur le site est coté avenue de Coubertin, face à la grande gendarmerie : il y a un parking derrière la première enceinte. Et le terrain est au bout de ce parking (à gauche après la première voûte).

Au programme également : musique, « open mic », espace « café/thé », etc….

N’hésitez pas à venir pour jouer, boire un thé, discuter, etc…

Pour s’inscrire ou pour tous renseignements,

contactez le 06 27 93 74 52 ou calais.ouverture.humanite@gmail.com

Parution du Journal des Jungles, numéro 3 !!

Oyez, oyez braves âmes ! Le « Journal des Jungles » est de retour ! Toujours appuyé par les chercheurs de l’ENSAD, la livraison du numéro 3 vient d’arriver !

Dans ce numéro, la thématique de l’exode et des routes migratoires se veut centrale, et ce notamment grâce aux contributions d’Olivier Clochard et Olivier Thomas, tous deux géographes.

De leur côté, les chercheurs de l’ENSAD reviennent sur leur expérience liée à « l’Agence de voyageurs« .

Bref, un numéro « spécial Voyage ». Alors, circulez, il y a tout à voir !

C’est ici, pour télécharger le Journal des jungles n°3.

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Crédits : Rahaf Demashki

Éditorial du Journal des Jungles (numéro 3)

« L’impasse de Calais »

Il y a vingt ans, l’ouverture du tunnel sous la Manche visait à faciliter les déplacements entre la Grande-Bretagne et le continent européen. L’instauration de ce mode passage a entraîné en contrepartie un renforcement des contrôles migratoires par les autorités britanniques et leurs consœurs françaises, belges et hollandaises pour celles et ceux qui ne sont pas citoyens de l’UE. Depuis, la situation des personnes bloquées à cette frontière n’a cessé de se dégrader face au déploiement continu des forces de l’ordre.

Par ailleurs au regard des aménagements qui se sont opérés durant cette période dans les ports comme à Calais ou à Dunkerque et autour des sites accueillant l’Eurostar, cette frontière de l’espace Schengen est probablement à ce jour un des dispositifs les plus accomplis dans le domaine de la politique d’externalisation des contrôles migratoires. Accords franco-britanniques institutionnalisant la nomination d’agents de liaison de chaque État en France et en Grande-Bretagne, implantation de contrôles migratoires britanniques sur le territoire français, etc. font de cette frontière un « modèle » dont la Grande-Bretagne tire profit et dont nous retrouvons des développements similaires aux limites extérieures de l’UE.

Ces diverses situations qui s’égrainent sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord nous rappellent que les migrations dans le monde sont de plus en plus entravées – on n’a jamais autant construit de murs depuis la chute du mur de Berlin en 1989 – et les dispositifs grillagés entourant le site d’Eurotunnel et les ports en sont autant d’exemples locaux. Elles devraient également rappeler aux autorités que ces mécanismes ne résolvent pas la situation migratoire de Calais, pour preuve, il y a (et il y aura) toujours des migrants qui auront de bonnes raisons de vouloir traverser la Manche. C’est pourquoi, la mise en œuvre effective de la possibilité d’aller et venir des deux côtés de la Manche – ce que nous pourrions également appeler la liberté de circulation – est le seul moyen de changer radicalement la situation. Les autorités le savent sûrement mais elles ne font rien pour aller dans ce sens.

Olivier Clochard, géographe, Chargé de recherches CNRS, président de Migreurop.

C’est ici, pour télécharger le Journal des jungles n°3.

D’autre part, Il est disponible en version papier au siège de la PSM (15, rue de l’Écluse de Bergues à Dunkerque) et sera diffusé et diffusable de main en main très prochainement !!

Actualités sur l’Irak

En passant

rubon74Parmi nos associations membres, l’association Les exilés du 10ème, qui se trouve à Paris, a mis en place un site internet d’actualités sur certains pays d’origine des exilés. Ce site est mis à jour très régulièrement et contient plus de 2700 actualités concernant l’Irak.

Le lien : http://actu.exiles10.org/

 

Marianne – L’Érythrée, un goulag à ciel ouvert

En passant

http://www.marianne.net/L-Erythree-un-goulag-a-ciel-ouvert_a240514.html

L’Érythrée, un goulag à ciel ouvert

Lundi 11 Août 2014 à 05:00
Propos recueillis par Bruno Rieth

D’après les informations du Figaro, la France connaitrait une augmentation des arrivées de migrants Érythréens sur son territoire. Certains à droite en ont profité pour tenter de relancer le débat sur la nécessité de restreindre l’accès des prestations sociales aux étrangers. Une « sottise » pour Léonard Vincent, journaliste et écrivain, auteur du livre « Les Érythréens », qui livre pour Marianne les clés qui permettent de comprendre cette immigration en provenance d’un pays qui n’a rien à envier à la Corée du Nord.

HEIDI LEVINE/SIPA

HEIDI LEVINE/SIPA
Marianne : Quelle est la situation politique actuelle en Érythrée ?
Léonard Vincent: C’est un pays organisé comme une caserne disciplinaire sous l’autorité absolue d’un chef, Issayas Afeworki, ancien héros de la libération qui s’est transformé en despote alcoolique. C’est un pays soumis à la loi d’un chef de guerre qui se considère toujours en guerre. Les enfants sont rois jusqu’à l’âge de 17 ans puis, ils sont soumis au service militaire jusqu’à leurs quarantaines. Dans les casernes, les jeunes filles sont fréquemment violées et les garçons sont frappés et humiliés. C’est aussi un pays qui est en ruine et avec un mythe de l’autosuffisance qui a éclaté depuis longtemps. Afeworki, tout en expliquant officiellement qu’il refuse toute aide internationale, a été financé par la Chine, le Qatar et ne refuse pas l’argent proposé par les fonds d’aides de l’ONU. La Libye du colonel Kadhafi a aussi longtemps participé au budget de l’Etat Erythréen, fourni du pétrole et des armes. C’était un allié, voire plus. D’ailleurs, certains opposants du président Afeworki l’appelaient même le « caniche de Kadhafi ». Mais depuis les années 2000, avec le renforcement de la répression, le pays est de plus en plus isolé. Le régime parle de complot de la CIA pour le justifier. Il faut imaginer que dans la Capitale, à Asmara, il y a des coupures d’électricité incessantes avec 2 heures ou 3 heures maximum de courant par jour. Le pays s’effondre progressivement et on assiste à un effritement de sa population. Une grande partie de la société attend la chute du chef. L’Érythrée se rapproche du camp de concentration avec travaux forcés. L’armée contrôle tous les pans de la société, pas de police, pas de cours de justice, pas d’avocats pour vous défendre.
Quelles sont les solutions possibles pour les habitants, s’ils veulent échapper à la répression du régime ?Il n’y en a qu’une, la fuite. C’est le cas depuis 10 ans environ. En 1993, après une guérilla contre l’Ethiopie, l’indépendance se fait dans une certaine euphorie. Mais rapidement, Issayas Afeworki resserre le pouvoir autour de lui. En 1998 éclate une nouvelle guerre avec L’Ethiopie qui va causer entre 70.000 et 90.000 morts. Certains des anciens camarades d’armes du président commencent à se rebeller et tentent de s’opposer. Mais il va profiter des attentats sur le sol américain en septembre 2001 pour lancer de grandes rafles contre ces « réformateurs ». Ils sont envoyés en prison, les partis politiques sont interdits et les 7 journaux qui existaient sont supprimés. Depuis le pays s’est totalement figé, durci même et la population a commencé à fuir, notamment les jeunes. Selon les chiffres de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), il y a eu des pics d’émigration dés les années 2002 et 2003. La seule alternative pour échapper au service militaire ou à la prison est donc de fuir. Trouver de l’argent pour payer des passeurs qui ne soient pas des mouchards du régime et passer vers le Soudan ou l’Ethiopie, puis vivre de camps de réfugiés en camps de réfugiés jusqu’à trouver un coin tranquille. Ce n’est pas vraiment un choix. Si ils restent dans le pays, ils sont voués à être des esclaves du régime, à être envoyé dans les campagnes, pour travailler dans des chantiers pour le reste de leur vie.
Leur périple est souvent très dangereux. Ils sont souvent rackettés par les passeurs. En Libye, ils risquent parfois la mort car ils sont considérés comme des anciens mercenaires du colonel Kadhafi. En 2009, le HCR évaluait de 1000 à 3000 passage réussis d’Erythréens hors du pays. Maintenant ce serait au alentour de 3000 à 4000 par mois. C’est énorme. On estime à 800 000 la diaspora Erythréenne dans le monde, soit presque un cinquième de la population totale du pays.Quels sont leurs objectifs lorsqu’ils quittent leur pays ?Ce qu’ils recherchent, c’est de se réfugier dans la première démocratie sur leur chemin. J’ai parlé avec beaucoup d’entre eux. Ils ne rêvent pas de devenir rappeurs ou stars de football. Ce qu’ils veulent c’est un pays où on leur foute la paix, où ils peuvent vivre en sécurité sans avoir peur pour leur vie. C’est une immigration particulière. Ce sont des fugitifs qui viennent de s’échapper d’une prison après avoir été persécutés tout au long de leur chemin.

Que pensez-vous des propos d’Eric Ciotti ou d’Hervé Mariton qui associent l’augmentation d’arrivée de migrants Érythréen et nécessité de réduire les aides sociales aux étrangers en situation régulière et irrégulière ?

Ce genre d’affirmation traduit une totale ignorance de la question. Je pense qu’ils auraient mieux fait de garder le silence. Tous les migrants en provenance de l’Érythrée que j’ai pu rencontrer, que ce soit au Soudan, en Egypte ou en Italie ne m’ont jamais montré de « petit manuel du migrant » avec écrit en gros caractères « la France pays des aides sociales ».  Ce sont des personnes qui émigrent pour échapper à leurs tueurs. Et puis la France pays des droits de l’Homme, qui a eu dans son Histoire plusieurs grandes personnalités qui n’étaient pas française à l’origine comme Garibaldi ou Francisco Miranda, ne devrait pas rechigner à accueillir ces immigrés. Ce serait honorer cette Histoire, faire preuve de patriotisme en faisant vivre cette tradition d’accueil.

Rue 89 : L’arrivée « massive » d’Erythréens inquiète Le Figaro : pourquoi quittent-ils leur pays ? / 05.08.2014

En passant

http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/05/larrivee-massive-derythreens-inquiete-figaro-pourquoi-quittent-ils-pays-254075

L’arrivée « massive » d’Érythréens inquiète Le Figaro :

pourquoi quittent-ils leur pays ?

La réponse de Rémi Noyon.

Les mains et jambes de migrants (érythréens et syriens) secourus par la marine italienne, Augusta, en Sicile, le 5 juin 2014 (Marco Vacca/SIPA)

 

Les lecteurs du Figaro ont dû trembler ce mardi matin. Le quotidien fait sa une sur un « rapport alarmant de la police aux frontières ». Dans les pages intérieures, on apprend qu’une « réunion exceptionnelle » s’est tenue le 9 juillet à la préfecture des Alpes-Maritimes. Se basant sur le compte-rendu des discussions, Le Figaro relaie l’inquiétude des agents face au nombre grandissant de ressortissants érythréens interpellés, notamment près de la frontière avec l’Italie. En juin, ces interpellations se chiffraient à 2 628, contre 47 en mars.

Le Figaro ne s’étend pas sur les raisons qui poussent les Erythréens à quitter leur pays. Depuis des années, l’Erythrée est décrite comme « la Corée du Nord de l’Afrique ». Après son indépendance au début des années 90, le pays s’est transformé en l’un des régimes les plus répressifs de la planète, sous l’autorité du président Issayas Afewerki, qui a gardé de son séjour en Chine maoïste un goût de l’embrigadement et de l’arrestation arbitraire.

Paranoïa et alcoolisme

Les Erythréens sont nombreux à fuir vers l’Europe ou des pays limitrophes. Mais cette « hémorragie » semble s’accélérer depuis quelques mois. Selon Léonard Vincent, auteur d’un livre sur ce « peuple pris en otage » ( « Les Erythréens », éd. Rivages, 2012), cela est dû à une détérioration générale de la situation du pays, brutalisé par un Président qui sombre dans la paranoïa et l’alcoolisme.

Le régime s’accroche à ses rêves d’autosuffisance. Les aides internationales se sont taries en même temps qu’a augmenté la pression extérieure. Les alliés traditionnels du pays (Chine, Qatar) s’en détournent ou sont de plus en plus méfiants vis-à-vis du président Afewerki. Le gouvernement s’empêtre dans l’incohérence tandis que la diaspora et l’opposition se structurent à l’étranger. Inspirés par le Printemps arabe, les opposants ont par exemple lancé le projet Arbi Harnet (vendredi libre), dont le principe est de passer de nombreux coups de téléphone vers l’Erythrée pour appeler à la révolte.

Face aux contestations, le régime durcit la répression. Après la guerre avec l’Ethiopie (de 1998 à 2000), le service national a été allongé. Désormais, les jeunes conscrits sont souvent réquisitionnés pour travailler à l’envi pour des entreprises liées à l’Etat, Amnesty International parlant à ce sujet de « persécution d’Etat » et de « travail forcé ». La liberté de la presse est inexistante – le pays concurrence la Corée du Nord dans les bas-fonds du classement de Reporters sans frontières. En mai de l’année dernière, Amnesty International estimait à 10 000 le nombre de personnes placées en détention pour des motifs politiques.

Les évadés et la répression

Les défections sont de plus en plus nombreuses, et parfois spectaculaires. Lors des Jeux olympiques de Londres, il y a deux ans, le porte-drapeau érythréen, Weynay Ghebresilasie, avait saisi l’occasion de la compétition pour demander l’asile. En 2012, le ministre de l’Information profite d’un voyage d’affaires en Europe pour disparaître. Sa fille est arrêtée dans la foulée.

La propagande du régime en la matière a évolué ces dernières années. Longtemps dans le déni, le Président parle maintenant d’un complot de la CIA, appuyé par les ONG et les journalistes qui font miroiter aux jeunes un avenir meilleur et siphonnent la main-d’œuvre du pays. Dans le même temps, des officiels du régime organisent un véritable racket, basé sur le trafic d’êtres humains. Un rapport relayé par le Guardian, en décembre 2013, dénonce ainsi les agissements du général Teklai Kifle, qui commande des unités militaires à la frontière, et gère un système sordide d’enlèvements et de demandes de rançons.

Pourquoi ces migrants se dirigent-ils maintenant vers la France, qui est aussi un point de passage vers la Grande-Bretagne ou l’Allemagne ? Au-delà du bouche-à-oreille et des réseaux de solidarité classiques, c’est peut-être aussi le durcissement récent des conditions d’asile en Suisse qui mène à cette réorientation.

Conclusion de Léonard Vincent :

« Les évadés s’adaptent à la répression. »

« Passagers du monde » / Numéro 3 (24.07.2014)

les-ptites-oreilles-2« Passagers du monde », 3ème épisode. Dans cette 4ème émission, Hans et Maël proposent de poursuivre la discussion entamée au cours de l’émission précédente et relative à la situation à Calais.

En réponse à l’opération policière du 02 juillet, une manifestation de soutien aux exilés à été organisée le samedi 12 juillet qui a permis de réunir plus de 450 personnes, militants aguerris ou simples citoyens solidaires, venus de Calais, Dunkerque ou Lille…et même du Havre ! A l’issue de cette mobilisation, l’occupation d’un bâtiment habité depuis plus de 48h a été rendue publique. Cette ancienne usine désaffectée, inutilisée depuis plus d’un an et demi, a rapidement permis à plus d’une centaine de migrants de vivre avec un toit au-dessus de la tête.

Dans un premier temps, l’interview de Camille, un des habitants du squat, va nous permettre de resituer les enjeux de cette occupation du 10, impasse des Salines. Mais ce squat, lieu d’occupation et de revendication, est avant tout un lieu de vie et des activités s’y mènent, à l’image des cours de français que Stéphane propose aux résidents intéressés.

Ce lieu est rapidement en sursis : le jour même de la manifestation, le propriétaire des lieux porte plainte pour occupation illégale. Le Tribunal d’Instance de Calais est saisi en urgence, compte-tenu selon le propriétaire de la dangerosité des lieux de cet ancien site de recyclage de métaux. Marie-Pierre revient en détail sur les enjeux de cette procédure.

Juste avant l’enregistrement de l’émission, le jugement tombe : la libération des lieux et au besoin l’expulsion de tous ses occupants avec le concours de la force publique si nécessaire. La machine à expulser se remet en marche.

Nous terminons l’émission avec un rapide point sur la situation à Steenvoorde où le climat s’est tendu suite au lancement d’une procédure d’évacuation du terrain sur lequel avaient trouvé refuge -et ce, depuis plusieurs années- des exilés érythréens, éthiopiens et soudanais. N’hésitez pas à lire le communiqué de presse réalisé par Terre d’Errance (Steenvoorde) et daté du 03.07.2014.

Expulsions partout, hospitalité nulle part…Où aller ?

Prochaine émission en compagnie de membres de l’association Terre d’Errance (Norrent-Fontes) : jeudi 28.08, de 17h à 18h30 sur 93.3 FM.

# « Passagers du monde » numéro 3 :

Pour télécharger cette émission, clic droit sur ce lien (attention : 120M à télécharger).

# La bande sonore de « Passagers du monde » numéro 3 :

  • Cette femme ocre de latérite, Apkass, En marchant vers le soleil.
  • Erè Mèla Mèla, Mahmoud Ahmed, Ethiopiques, Vol. 7.
  • Ouvrez les frontières, Tiken Jah Fakoly, L’Africain.
  • Lampedusa, Kelem, Jasmin Rouge.
  • Mandjou, Salif Keïta, Folon.

Les interviews ont également aimablement été mis à notre disposition par le blog « Passeurs d’hospitalité ».

# Pour en savoir plus sur la situation à Calais :

Le blog « Passeurs d’hospitalité ».

La page Facebook de Calais, ouverture et humanité.

La page « Actualités » de la Plate-forme de Services aux Migrants (où vous pourrez retrouver la plupart des réactions et analyses des acteurs associatifs face à cette situation).

 # Pour en savoir plus sur la situation à Steenvoorde :

Le site internet de l’association Terre d’Errance (Steenvoorde).

 # La valise de « Passagers du monde » numéro 3 :

Pour ce numéro 3, la valise des passagers contenait :

2014_07_12_Calais_Solidarity Migrants_O2e-7649 (Copier)

Dans le journal « Libération » du 28.07.2014 / Tribune de soutien aux exilés de Calais

La tribune a été publiée lundi 28.07 dans le journal Libération. Elle est également en ligne sur le site internet du journal.
A partir de mercredi 30.07, elle est parue sur le site internet de Médiapart.
Enfin, elle est relayée sur d’autres sites, notamment sur le blog « Combats pour les droits de l’homme » ou sur le site du GISTI.

NOUS CONDAMNONS LA VIOLENCE D’ÉTAT
CONTRE LES EXILÉ.E.S DU CALAISIS

par un collectif de chercheurs, enseignants-chercheurs et universitaires

À Calais, le 2 juillet 2014, 610 étrangères et étrangers ont été une nouvelle fois délogés par les forces de l’ordre du lieu où elles et ils s’abritaient faute de solution alternative. Il en est systématiquement ainsi depuis que, le 5 novembre 2002, le gouvernement français a fermé et détruit le centre d’accueil des « réfugiés » situés sur la commune de Sangatte et géré par la Croix-Rouge.

Le 22 septembre 2009, la jungle de Calais a été évacuée et détruite. 276 migrants, dont 135 mineurs, ont été arrêtés.

Depuis la fermeture du centre de Sangatte, les camps et lieux de vie des migrants se sont multipliés autour des ports et le long des autoroutes A 16, A 25 et A 26 (Angres, Norrent-Fontes, Tatinghem, Grande Synthe, Steenvoorde…). Ils y survivent dans des abris de fortune, dans la promiscuité et l’insalubrité. Ces lieux sont régulièrement détruits.

Ces derniers mois, les événements se sont accélérés. Les évacuations des lieux de vie, les arrestations et les violences policières se sont multipliées.

Le 28 mai, à Calais, les lieux de vie et les biens personnels de plusieurs centaines de migrants sont détruits sur décision préfectorale pour cause d’une épidémie de gale ignorée depuis deux mois par l’administration malgré les appels répétés des associations. Le même jour, en protestation, les exilés occupent l’esplanade grillagée utilisée par les associations lors des distributions de repas.

Le 2 juillet, ce lieu est évacué en même temps que trois squats. Plus de 600 personnes (dont 121 mineurs) font l’objet de contrôles d’identité, sont emmenées dans des bus vers différentes villes et les documents de certaines d’entre elles sont confisqués. 206 personnes sont enfermées dans différents centres de rétention administrative. Ainsi éloignées, elles se retrouvent privées de leurs soutiens militants. Dans les jours suivants, la quasi-totalité des exilés interpellés sont de retour dans les rues de Calais.

Le 12 juillet, une manifestation de soutien réunit plus de 500 personnes. Le même jour, l’ouverture d’un nouveau squat dans une usine désaffectée, soutenu par plus d’une trentaine d’associations locales et nationales, est rendue publique.

Le 22 juillet, cinq personnes – trois migrants et deux militants – sont convoquées au Tribunal d’instance de Calais dans le cadre d’une audience d’urgence à la suite d’une plainte du propriétaire du site occupé. Cette plainte invoque la dangerosité de cet ancien site industriel, alors même que les zones les plus dangereuses ont été interdites d’accès par les occupants eux-mêmes.

Jeudi 24 juillet, le tribunal a statué pour l’expulsion, comme si l’occupation de l’usine relevait d’une envie collective de pur confort. Il n’a pas reconnu l’état de nécessité dans lequel se trouvent les exilés par la faute d’un État qui ne respecte aucune de ses obligations : droit à l’hébergement universel défini comme une « liberté fondamentale », droit au respect de la dignité humaine, droit à des conditions matérielles d’accueil définies par la loi pour les demandeurs d’asile, droit à la protection et à des mesures éducatives pour les mineurs isolés, droit à la santé, etc.

Nous, chercheurs, enseignants-chercheurs et universitaires,

Nous dénonçons le harcèlement policier, la multiplication sans alternative des évacuations des lieux de vie des migrants, et les destructions de leurs abris et effets personnels. Venus d’Afghanistan, d’Érythrée, du Soudan ou de Syrie, ils n’ont pourtant d’autres choix que de fuir la violence, l’injustice, la corruption et la misère.

Nous rappelons que les droits à l’hébergement, à l’accès aux soins, ainsi qu’à la protection des mineurs isolés sont des droits fondamentaux. Nous nous préoccupons du respect de ces droits ainsi que du respect de la dignité humaine sur l’ensemble du territoire français.

Nous constatons que l’assistance à personne en situation de grande précarité est aujourd’hui assurée par les associations et les militants alors qu’il s’agit de compétences de l’État.

Nous soutenons l’ensemble des associations et des militants engagés à Calais et dans les environs.

Nous interpellons le gouvernement et l’ensemble des élus pour qu’une solution de logement adapté et durable soit trouvée pour l’ensemble des migrants.

* * *

Liste des signataires

Michel AGIER, anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS
Karen AKOKA, sociologue, Maîtresse de conférences, membre du Gisti
Thomas ALAM, sociologue, Maître de conférences, Lille 2
Anne-Laure AMILHAT SZARY, géographe, Professeur des Universités, Grenoble
Étienne BALIBAR, Professeur émérite de philosophie politique et morale, Paris Ouest Nanterre
Michel BARTHELEMY, sociologue, Chargé de recherche CNRS
Marie-Laure BASILIEN-GAINCHE, Professeure de droit public, Université Jean Moulin Lyon 3, membre de l’Institut Universitaire de France
Sylvain BECK, Doctorant Laboratoire GEMASS, Paris 4 – Sorbonne
Jeanne BEM, Professeur des universités retraité, Chaire « Littérature française dans le contexte européen », Université de la Sarre (Allemagne)
Jérôme BERTHAUT, sociologue, Maître de conférences, Université de Bourgogne
William BERTHOMIERE, géographe, Directeur de recherche CNRS, Université de Poitiers
Monique BILE, Maître de conférences honoraire de grec, Université de Lorraine
Hervé BISMUTH, Maître de conférences en littérature française, Université de Bourgogne
Emmanuel BLANCHARD, Maître de conférences en science politique, UVSQ, membre de Migreurop
Luc BOLTANSKI, sociologue, Directeur d’études à l’EHESS
Anne BORY, sociologue, Maître de conférences, Lille 1
Ahmed BOUBEKER, sociologue, Professeur des universités, Saint-Etienne
Saâd BOUHSINA, chimiste, Maître de conférences, Université du Littoral Côte d’Opale
Etienne BOUREL, doctorant en anthropologie, CREA, Lyon 2
Pierre BRASSEUR, doctorant en sociologie, Lille 1
Xavier BRIKE, anthropologue, Chargé de recherche LLN
Pauline BRÜCKER, doctorante en sociologie politique, CERI/Sciences Po & CEDEJ
Louise BRUIT, historienne, Professeure des universités, Paris 7
Isabelle BRUNO, sociologue, Maître de conférences, Lille II
André BURGUIERE, historien, Directeur émérite à l’EHESS
Evelyne BURGUIERE, sociologue, INRP
Claude CALAME, helléniste et anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS
Cécile CANUT, cinéaste et linguiste, Professeure des universités, Paris Descartes
Sébastien CHAUVIN, sociologue, Maître de conférences à l’Université d’Amsterdam
Pierre CHAUVIN, médecin épidémiologiste, Directeur de recherche Inserm
Gérard CHAZAL, philosophe, Professeur honoraire, Université de Bourgogne
Olivier CLOCHARD, géographe, Chargé de recherches CNRS, président de Migreurop
Marguerite COGNET, sociologue, Maître de conférences, Paris 7, membre de l’UMR URMIS
Philippe COULANGEON, sociologue, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po
Bruno COUSIN, sociologue, Maître de conférences, Lille 1
Geneviève CRESSON, sociologue, Professeure des universités, Lille 1
Paula CRISTOFALO, sociologue, Maîtresse de conférences, EHESP Sorbonne Paris Cité
Mathilde DARLEY, sociologue et politiste, Chargée de recherche CNRS, Centre Marc Bloch, Berlin / CESDIP
Christophe DAUM, anthropologue, Maître de conférences, Université de Rouen
Sonia DAYAN-HERZBRUN, sociologue, Professeure émérite, Université Paris Diderot-Paris 7
Jean-Philippe DEDIEU, sociologue, CIRHUS Fellow, New York University
Nicholas DE GENOVA, Reader in Urban Geography, King’s College London
Vanessa DE GREEF, Assistante au Centre de droit public de l’Université Libre de Bruxelles
Mathias DELORI, politiste et historien, Chargé de recherche CNRS, Centre Emile Durkheim, Bordeaux
Didier DEMAZIERE, sociologue, Directeur de recherche CNRS
Véronique De RUDDER, sociologue, Chargée de recherche CNRS
Pascale DEVETTE, doctorante, École d’études politiques, Université d’Ottawa
François-Xavier DEVETTER, économiste, Maître de conférences, Télécom Lille 1
Marie-Sophie DEVRESSE, Professeur à l’École de criminologie, UCL, Louvain, CRID&P
Kamel DORAI, Chargé de recherche CNRS, Migrinter
Marix DRESSEN, sociologue, Professeur des universités, UVSQ
Sophie DUCHESNE, politiste, Directrice de recherche CNRS
Serge DUFOULON, sociologue, Professeur des universités, Grenoble II
Ariela EPSTEIN, Post-doctorante, IIAC, CNRS/EHESS, HiCSA, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Éric FASSIN, sociologue, Professeur des universités, Paris 8
Olivier FILLIEULE, sociologue, professeur ordinaire de sociologie politique, IEPI UNIL, CRAPUL
Sébastien FLEURIEL, sociologue, Professeur des universités, Université Lille 1
Marion FRESIA, anthropologue, Professeure assistante, Université de Neuchâtel
Daouda GARY-TOUNKARA, historien, Chargé de recherche CNRS, LAM / Sciences Po Bordeaux
Nancy L. GREEN, historienne, Directrice d’études à l’EHESS
Jean-Luc GAUTERO, Maître de conférences en Épistémologie, Logique et Histoire des Sciences, Université de Nice-Sophia Antipolis
Virginie GUIRAUDON, sociologue du politique, Directrice de recherche CNRS, Sciences Po
Abdellali HAJJAT, Maître de conférences en science politique, Université de Paris-Ouest Nanterre
Abdelhafid HAMMOUCHE, sociologue, Professeur des universités, Université Lille 1
Bénédicte HAVARD DUCLOS, sociologue, Maître de conférences, Université de Bretagne Occidentale
Matthieu HELY, sociologue, Maître de conférences, Paris-Ouest Nanterre
Françoise HICKEL, Docteur en sciences du langage, éducatrice-formatrice à la PJJ
Marie-Antoinette HILY, sociologue, Chargée de recherche CNRS, Université de Poitiers
Martine HOVANESSIAN, anthropologue, Directrice de recherche CNRS, Paris 7
Anne-Cécile HOYEZ, géographe, Chargée de recherche CNRS
Liora ISRAËL, sociologue, Maîtresse de conférences EHESS
Rada IVEKOVIC, philosophe, Professeure des universités retraitée, College international de philosophie, réseau TERRA
Hubert JAYET, économiste, Professeur des universités, Lille 1
Fanny JEDLICKI, sociologue, Maîtresse de conférences, Université du Havre
Solenne JOUANNEAU, Maîtresse de conférences en science politique, Strasbourg
Nicolas JOUNIN, sociologue, Maître de conférences, Paris 8
Sonja KELLENBERGER, sociologue, anthropologue, IRTESS Dijon
Anouche KUNTH, historienne, Chargée de recherche CNRS
Smaïn LAACHER, sociologue, Professeur des universités, Strasbourg
Pascale LABORIER, Professeure de science politique, Paris-Ouest Nanterre
Thomas LACROIX, géographe, Chargé de recherche CNRS, Université de Poitiers
Rose-Marie LAGRAVE, sociologue, Directrice d’études EHESS
Karine LAMARCHE, sociologue, Postdoctorante, LaSSP, Toulouse
Sylvains LAURENS, sociologue, Maître de conférences à l’EHESS
Frédéric LEBARON, sociologue, Professeur des universités, UVSQ
Anne LE HUEROU, Maître de conférences en études russes, Paris Ouest Nanterre
Annalisa LENDARO, Sociologue et politiste, Chargée de recherche CNRS, Université de Toulouse 2
Wenceslas LIZE, sociologue, Maître de conférences, Université de Poitiers
Danièle LOCHAK, Professeure émérite de droit public, Paris Ouest Nanterre, présidente honoraire du GISTI
Nicola MAI, Professor of Sociology and Migration Studies, London Metropolitan University and MMSH/LAMES Aix-Marseille University
Lilian MATHIEU, sociologue, Directeur de recherche CNRS
Jean MATRINGE, Professeur de droit public, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Yoan MIOT, urbaniste, Maître de conférences, Paris-Est Marne-la-Vallée
Alain MORICE, anthropologue, Directeur de recherche CNRS, membre de Migreurop
Séverin MULLER, sociologue, Maître de conférences, Lille 1
Ugo PALHETA, sociologue, Maître de conférences, Lille III
Karine PARROT, Professeure de droit, Université de Cergy-Pontoise
Anthony PECQUEUX, sociologue, Chargé de recherche CNRS, CRESSON
Martyne PERROT, sociologue, Chargée de recherche CNRS, section LDH à l’EHESS
Mathilde PETTE, sociologue, Postdoctorante, Lille 1
Roland PFEFFERKORN, sociologue, Professeur des universités, Strasbourg
Nicole PHELOUZAT, sociologue, IIAC, EHESS/CNRS, membre de la section EHESS de la LDH
Laure PITTI, sociologue, Maîtresse de conférences, Paris 8
Raphael PORTEILLA, Maître de conférences en sciences politiques, Université de bourgogne
Swanie POTOT, sociologue, Chargée de recherche CNRS, Université de Nice Sophia Antipolis
Stéphanie PRYEN, sociologue, Maîtresse de conférences, Lille III
Romain PUDAL, sociologue, Chargé de recherche CNRS
Aude RABAUD, socio-anthropologue, Maître de conférences, Paris Diderot
Vincent RAFIS, Maître de conférences, Université Stendhal Grenoble 3
François REYSSAT, doctorant et moniteur en sociologie, Paris 7
Christian ROBIN, Maître de conférences en Information et communication, Paris 13
Maricel RODRIGUEZ BLANCO, sociologue, doctorante EHESS
Mirna SAFI, sociologue, Chargée de recherche, Sciences Po
Grégory SALLE, sociologue, Chargé de recherche CNRS
Camille SCHMOLL, géographe, Maîtresse de conférences, Paris 7 Diderot
Johanna SIMEANT, Professeure de science politique, Paris 1
Patrick SIMON, socio-démographe, Directeur de recherche à l’INED
Maud SIMONET, sociologue, Chargée de recherches CNRS
Hélène SIMON-LORIERE, Docteur en Géographie, Laboratoire Migrinter, Université de Poitiers
Serge SLAMA, Maître de conférences en droit public, Paris Ouest Nanterre
Alexis SPIRE, sociologue, Directeur de recherche CNRS
Jocelyne STREIFF-FENART, Directrice de recherche au CNRS, Université Nice Sophia Antipolis
Philippe TASTEVIN, ethnologue, Chargé de recherche CNRS
Alain TARRIUS, sociologue, Professeur émérite, Toulouse le Mirail
Jean-Pierre TERRAIL, sociologue, Professeur honoraire, Université de Versailles-Saint-Quentin
Emmanuel TERRAY, anthropologue, EHESS
Cédric TERZI, sociologue, Maître de conférences, Université de Lille 3
Sébastien THIERY, Politologue, Maître assistant associé à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais, Enseignant à l’Ecole des Arts Politiques, Sciences Po Paris
Mahamet TIMERA, sociologue, Professeur des universités, Paris 7 Denis Diderot, URMIS
Sylvie TISSOT, Professeure de sciences politiques, Université Vincennes Saint Denis Paris 8
Maryse TRIPIER, sociologue, Professeur émérite, Paris Diderot
Aline VALENCE, Docteure en psychologie sociale, Postdoctorante, MESHS, Lille
Louis-André VALLET, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po Paris
Jérôme VALLUY, sociologue et politiste, Maître de Conférences, Université Panthéon-Sorbonne
Sophie WAHNICH, historienne, Directrice de recherche CNRS
Laurent WILLEMEZ, sociologue, Professeur des universités, UVSQ
Karel YON, sociologue, Chargé de recherche CNRS, Lille II
Zaihia ZEROULOU, sociologue, Maître de conférences, Lille 1
Emeline ZOUGBEDE, doctorante, Laboratoire Cerlis, Université Paris Descartes

 

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CALAIS / Auberge des Migrants : lettre ouverte au gouvernement et aux élus

Lettre ouverte

M. le Premier Ministre
M. le Ministre de l’Intérieur
M. le Préfet du Pas de Calais
M. le Sous-préfet de Calais
M. le Président du Conseil Régional Nord-Pas de Calais
M. le Président du Conseil Général du Pas de Calais
Mme la Maire de Calais
Mrs et Mmes les élus locaux

Jeudi 17 juillet 2014, en fin d’après-midi, l’association l’Auberge des Migrants, avec l’appui de citoyens calaisiens, a distribué des repas aux 750 migrants qui se sont présentés quai de Moselle. Grâce au dialogue entre bénévoles et migrants, et au calme de ces derniers, une file d’attente de près de 250 mètres a été constituée et gérée durant deux heures.

Une semaine auparavant, ce nombre s’élevait à 500. Dans une semaine, il sera peut-être de 900.

Cette situation est extrêmement fragile. L’état psychologique des migrants est très préoccupant. Les tentatives de passage vers l’Angleterre, de jour comme de nuit, la pression de la police (contrôles, coups, arrestations) les stressent. La recherche d’un endroit pour dormir, le manque de couvertures et de tentes pour s’abriter les épuisent . Le manque d’hygiène faute de douches et de points d’eau les laissent dans une situation indigne. Le manque de nourriture affaiblit ceux (la majorité) qui n’ont pas les moyens de compléter par des achats le seul repas qui leur est distribué chaque jour. Le moindre aléa dans la distribution, comme cela s’est produit la semaine dernière du fait d’un orage, peut transformer cette file d’attente en une foule énervée et excitée , qui se dispute les repas autour des fourgons des associations.

Il est étonnant qu’aucune violence, aucun débordement, aucun vol, aucune agression contre des riverains, aucun conflit entre communautés, aucune tentative de passage en masse, n’aient encore eu lieu. Il est étonnant que les femmes et les mineurs qui ne trouvent pas de place dans les structures prévues pour leur accueil n’aient pas subi de violences.

Les bénévoles de notre association atteindront bientôt les limites de leur engagement : limites en temps, en moyens financiers, en personnes pour gérer une file d’attente de plus en plus importante, en capacité de répondre aux besoins les plus urgents. De plus ils ne peuvent plus travailler sur le lieu de distribution, maintenant fermé. Leur investissement a dû s’accroître encore depuis deux semaines pour tenter de renouveler les couvertures et les tentes détruites par les forces de l’ordre lors de la dernière expulsion, rue de Moscou, et pour faire face à l’augmentation du nombre de migrants. Si les bénévoles et leurs associations jettent l’éponge, la situation sera catastrophique pour tous.

Nous vous demandons instamment, parce qu’il est extrêmement urgent, de :

  • De rétablir un dialogue constructif avec les associations, qui sont cohérentes et unies dans leurs actions ;
  • De ne plus prendre de mesure violente, fût-elle légale, à l’encontre des migrants et de leurs maigres biens ;
  • De veiller à ce que les forces de l’ordre respectent strictement la légalité républicaine dans leurs missions ;
  • D’accepter dans un premier temps que la situation se stabilise en matière de lieux occupés de façon précaire par les migrants ;
  • D’ouvrir d’urgence des places pour les femmes, une trentaine, qui dorment dans la rue ou dans des jungles, faute de place route de Saint-Omer ;
  • D’ouvrir d’urgence des places pour les enfants et adolescents, une centaine, qui ne souhaitent pas rester en France ;
  • De prendre dès que possible des initiatives à même de faciliter le travail des associations et des services publics de santé : réouverture du lieu de distribution, mise à disposition de poubelles, de points d’eau, de douches et de toilettes en nombre suffisant, octroi de subventions complémentaires permettant d’acheter le minimum de nourriture nécessaire ;
  • Et surtout de rouvrir le dossier des promesses faites par M. Valls, concernant un accueil minimal, conforme aux lois et règlements français et européens, et aux droits humains.

Notre association est consciente que l’afflux des migrants à Calais est un phénomène inexorable. Les réponses à moyen terme sont du ressort de l’Union Européenne et des États français et anglais. A court terme, la situation ne peut pas être gérée sans un consensus entre les associations et les autorités. Ce consensus, qui semblait acquis il y a quelques semaines, a été brisé du fait de l’accroissement du nombre de migrants et des dernières mesures prises.

Nous vous envoyons ce courrier comme un signal d’alerte extrêmement fort, dans la crainte d’une catastrophe humaine.

Auberge des Migrants

Communiqué aux medias locaux, régionaux, nationaux et européens.

Cette lettre a été relayée sur le site de Médiapart.

2014_07_12_Calais_Solidarity Migrants_O2e-7656 (Copier)