CNCDH // Déclaration sur les mineurs isolés placés en CAOMIE

Déclaration sur la situation des mineurs isolés placés en CAOMI, à l’issue du démantèlement des bidonvilles de Calais

La CNCDH fait donc part de son extrême préoccupation à l’égard des retards pris pour l’évaluation sociale des MIE et renouvelle son appel aux autorités locales à intégrer les MIE au plus vite dans le dispositif de droit commun de la protection de l’enfance et à mobiliser les moyens médico-sociaux, éducatifs et juridiques nécessaires à la protection effective des droits fondamentaux des mineurs isolés.

La CNCDH s’inquiète plus généralement de la pérennisation de dispositifs spéciaux (CAO et CAOMI), dérogatoires au droit commun, mis en place pour répondre à des situations humanitaires désastreuses consécutives aux carences des pouvoirs publics dans la gestion de la crise migratoire.

L’intégralité de l’avis ici

Manifeste des délinquants solidaires – mise à jour des signataires

Delinquants_solidaires_v04

Le 12 janvier dernier, un collectif d’organisations associatives et syndicales publiait un manifeste pour en finir avec le délit de solidarité.

Depuis cette date, 270 organisations sont signataires du manifeste.

Vous trouverez ci-dessous la liste des signataires à jour.

Pour rappel, si vous souhaitez agir contre ce délit de solidarité, voici quelques propositions:

  • Apporter la signature d’une organisation (association, syndicat, collectif), pour rejoindre le collectif (à partir du 13 janvier) – contact@delinquantssolidaires.org
  • Participer à la journée d’action le jeudi 9 février 2017 pour proclamer que nous sommes tous « délinquants » et solidaire des étrangers…À Paris, un rassemblement sera organisé à 10 heures.
  • Être tenu⋅e au courant de l’activité du collectif: inscription à la liste de diffusion http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/delinquants-solidaires-info
  • Contribuer à la mobilisation, diffuser de l’info, des textes et photos d’actions de protestation – utilisez le hashtag #DélinquantsSolidaires, et la phrase « Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors je suis un⋅e délinquant⋅e », en ciblant les messages (par ex. @Place_Beauvau ou @justice_gouv…)
  • S’informer des cas de poursuites passés et en cours dans ce dossier à www.gisti.org/delits-de-solidarite
  • Faire connaître au collectif des cas relevant, directement ou indirectement, du délit de solidarité – Écrire à <contact-delit-de-solidarite@gisti.org> – Attention : il faut que l’intéressé⋅e soit d’accord pour que son cas soit mis en ligne, même anonymisé (de fait l’anonymat n’empêche pas de savoir de qui il s’agit…) ou bien que l’affaire ait déjà été médiatisée. Les faits essentiels doivent être présentés (circonstances, garde à vue, comparution, décisions…) et avérés. Joindre si possible tout document officiel.

 

Liste des signataires (à jour le 26.01.2017)

Associations nationales

  • Acat (Association chrétienne contre la torture et la peine de mort)
  • SOS Racisme
  • ACIAH (Accessibilité, communication, information, accompagnement du handicap)
  • Acort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie)
  • Act Up-Paris
  • ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)
  • ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers)
  • AFVS (Association des familles victimes du saturnisme)
  • AMF (Association des Marocains en France)
  • Amoureux au ban public (Les)
  • Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers)
  • ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France)
  • Attac France
  • Bibliothèque vivante
  • CADTM France (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes)
  • Catred (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits)
  • CCFD-Terre solidaire
  • Cedetim/Ipam (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale)
  • Ceras (Centre de recherche et d’action sociales)
  • Christianisme social
  • Cnafal (Conseil national des associations familiales laïques)
  • Collectif National Droits de l’Homme Romeurope
  • Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre
  • Comede (Comité pour la santé des exilés)
  • Comegas (Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins)
  • Convivances
  • Copaf (Collectif pour l’avenir des foyers)
  • Culture et Liberté
  • Dom’Asile
  • Elena-France (Avocats du droit d’asile)
  • Emmaüs France
  • Emmaüs International
  • Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s)
  • FCPE (Fédération des Conseils de parents d’élèves des écoles publiques)
  • Fédération Entraide Protestante
  • Fnars (Fédération des acteurs de la solidarité)
  • Fondation Abbé Pierre
  • Fondation Frantz Fanon
  • France Amérique Latine(FAL)
  • Français langue d’accueil
  • FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)
  • Genepi
  • Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)
  • Jesuit Refugee Service (JRS) France
  • La Cimade
  • LDH (Ligue des droits de l’Homme)
  • Médecins du Monde France
  • Migrations santé
  • Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)
  • Peuple et Culture
  • RESF (Réseau Éducation Sans Frontières)
  • Résister Aujourd’hui
  • Revivre (association de soutien aux demandeurs d’asile, réfugiés syriens et prisonniers politiques en Syrie)
  • Secours Catholique
  • UJFP (Union juive française pour la paix)
  • Utopia 56

Associations locales

Auvergne-Rhône-Alpes

  • ADA (Accueil demandeurs d’asile) – Rhône-Alpes
  • Apardap (Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection) – Isère
  • Asda (Association de solidarité avec les demandeurs d’asile de l’Ain)
  • ASSEDA (soutien et échanges avec les demandeurs d’asile)
  • Asti – Bassin d’Annonay
  • Asti de Romans (Drôme)
  • Attac – comité local Rhône
  • Comité de parrainage de familles demandeurs d’asile du canton de Firminy (42)
  • ISM Corum
  • Pastorale des Migrants 38
  • RESF 03 (Allier)
  • RESF Saint-Etienne (42 – Loire)
  • RESF 38
  • RESF 43 (Haute-Loire)
  • RESF 63 (Puy-de-Dôme)
  • Roms Action (Grenoble)
  • RUSF 38 (Isère)
  • Transport People and Care

Bourgogne-Franche-Comté

  • CDAFAL (Conseil départemental des associations familiales laïques) – 70 Haute-Saône
  • CDDLE (Collectif de défense des droits et libertés des étrangers) Besançon, Doubs
  • Collectif Creusot-Autun des Droits de l’Homme
  • Comité d’entraide aux réfugiés – Lure (Haute-Saône)
  • Groupe Proudhon de la Fédération anarchiste de Besançon (25)
  • L’Autodidacte (Librairie associative)
  • Les Amis du CADA (Digoin, Saône-et-Loire)
  • RESF 25 (Doubs)
  • RSM 89 (Réseau de Soutien aux Migrants de l’Yonne)
  • RUSF de Côte d’Or 21
  • Sol Mi Re (Collectif Solidarité Migrants Réfugiés) – Franche-Comté
  • Welcome-Franois-Serre

Bretagne

  • Collectif de soutien aux migrants de Roscoff
  • Collectif de soutien aux « sans papiers » du Trégor Goélo (22)
  • DAL (droit au logement) 44
  • Solidarité Accueil Migrants (SAM) à Allaire (Morbihan)

Centre-Val-de-Loire

  • Association Emmaüs Cent pour Un (Tours)
  • Collectif 28 pour la régularisation des sans-papiers
  • La Cimade – groupe local de Blois

Grand-Est

  • AADA (association d’accueil des demandeurs d’asile)
  • ARDAH, Accueil des Réfugiés et Demandeurs d’Asile à Haguenau
  • Casam (Collectif d’aide aux demandeurs d’asile en Moselle)
  • COMADA (comité meusien d’aide aux demandeurs d’asile )

Hauts-de-France

  • ACC Minorités visibles (Dunkerque)
  • Adra Dunkerque
  • Arras Solidarité réfugiés
  • Attac Artois
  • Auberge des Migrants (L’)
  • Autrement Dire (Aisne)
  • Bibliothèque Vivante (Calais)
  • Care4Calais
  • Collectif amiénois des sans papiers
  • Collectif de soutien à Jean Luc Munro
  • Droit de Vérité, devoir de justice (Amiens)
  • Équipe de soutien juridique de Dunkerque
  • Flandres Terre solidaire
  • Fleurbaix Solidarité Réfugiés
  • Fraternité Migrants Bassin Minier 62
  • La Cabane juridique / Legal Shelter
  • La Cimade Régionale Nord Picardie
  • La Fraternité (Bruay-la-Buissière)
  • Le Réveil Voyageur
  • Mrap Dunkerque
  • Planning familial Pas-de-Calais
  • RAIL (Réseau d’accueil d’immigrés à Lille)
  • Roms 5962.fr
  • Salam Nord/Pas-de-Calais
  • Solidarité sans papiers (Creil)
  • Terre d’errance
  • Terre d’errance Flandres littoral
  • TRAAM (Tissage Réseau Armentiérois Accueil Migrants)
  • Wise (Walking in the streets’essence)

Île-de-France

  • ABC’éditions (Ah Bienvenus Clandestins), maison d’édition associative, Paris
  • Actes et Cités
  • ASEFRR (Association Solidarité Essonne Familles Roumaines et Rroms)
  • Aset 93 (Association d’aide à la scolarisation des enfants Tsiganes)
  • Assemblée citoyenne du 14ème
  • Association Encrages (Paris)
  • Asti 93
  • Autremonde
  • BAAM (Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants)
  • CCFD – Terre solidaire 93
  • Cercle de résistance (Paris), collectif «~Nous soutenons les migrants sans papiers~»
  • Cercle de silence de Cergy-Pontoise
  • Cercle Louis Guilloux, Paris
  • CIVCR (Collectif Ivryen de Vigilance Contre le Racisme et pour l’aide aux sans papiers)
  • Centre Primo Levi
  • Collectif de Vigilance Paris12 pour les droits des étrangers -RESF
  • Collectif « Migrants: changeons notre regard~! » – Antony (92)
  • Collectif Romeurope du Val Maubuée
  • Collectif de soutien 5è-13è aux migrants d’Austerlitz
  • Collectif de Soutien aux Familles Roms de St Denis ( 93)
  • Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrant-es
  • Coordination des intermittents et précaires CIP – Île de France
  • CSF (Confédération Syndicale des Familles), Dammarie-les-Lys – 77
  • Ecodrom 93
  • Hors la Rue
  • Inter-Collectif Parisien de Soutien aux Migrant-es
  • Intermedes Robinson
  • Kolone (Association pour l’enseignement du français aux nouveaux arrivants)
  • La Chapelle debout
  • LDH, section EHESS
  • Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau
  • Paris d’exil
  • Pride de Nuit
  • RESF Clichy-Montfermeil
  • RESF 93
  • Romeurope 94
  • Sang Pour Sans (Champigny, 94)
  • Solidarité Migrants Oise
  • Solidarité migrants Wilson
  • Turbulences Marne-La-Vallée

Normandie

  • AHSETI (ASTI du Havre)
  • Collectif Saint-Lois d’aide aux migrants (Saint-Lô)
  • Collectif de soutien aux migrants du Havre (CSMLH)
  • Itinérance Dieppe
  • Itinérance Cherbourg
  • Itinérance Sud Manche
  • RESF 27
  • RESF 76 du Havre

Nouvelle-Aquitaine

  • Collectif Chabatz d’entrar (Haute Vienne)
  • Association Baobab d’aide aux migrants (Angoulême)
  • Association ABC’éditions Ah Bienvenus Clandestins ! (Gourdon 46)
  • Association des Sans Papiers de la Haute-Vienne
  • Asti – Bordeaux
  • CCFD-Terre Solidaire Délégation Diocésaine de Pau- Béarn
  • La Cimade – groupe local Eymoutiers (87)
  • La Cimade – groupe de Pau
  • MAS (montagne accueil solidarité) Eymoutiers (Haute-Vienne)
  • Peuple et culture – Corrèze
  • Solidarité migrants/Etorkinekin

Occitanie

  • Association nationale des Pieds noirs progressistes – comité régional Occitanie
  • Association écoles Tiers Mondes (Cahors)
  • Attac Toulouse
  • Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu (Haute-Garonne)
  • La Cimade – groupe d’Alès
  • Citoyens en Pays Portes de Gascogne (Samatan, Gers)
  • Collectif chômeurs et précaires de Sète (34)
  • Collectif des réfugiés de Rodez
  • Égalité Toulouse Mirail (Toulouse)
  • Égalité Toulouse Mirail (Toulouse)
  • Grisélidis (Toulouse)
  • LDH – Ariège
  • LDH – section Gaillac-Tarn
  • LDH Tarbes Bagnères (65)
  • Liridona (Lozère)
  • Mom O’Chaud (hébergements solidaires pour familles à Rodez et environs)
  • Planning familial 48 (Lozère)
  • RESF 09 (Ariège)
  • RESF 34 (Hérault)
  • RESF 48 (Lozère)
  • RESF 65 (Hautes-Pyrénées)
  • Solidarité Migrants Graulhet (81)

PACA

  • Association pour la démocratie à Nice
  • Association Vallées solidaires (06)
  • Beaux repères (Avignon)
  • Collectif Agir à Aix-en-Provence pour l’accueil des migrants en pays d’Aix
  • Collectif Réfugiés de Comtat (Vaucluse)
  • Comité régional LDH PACA
  • Coviam (Comité de vigilance des Alpes Maritimes)
  • Didac’ressources
  • Groupe Cimadevar 83
  • Habitat et citoyenneté (Nice)
  • La Cimade – groupe de Gap (05)
  • La Cimade – groupe Var (83)
  • Marseille en état d’urgence sociale
  • Médecins du Monde – PACA
  • Mrap Vaucluse
  • RESF 06 (Alpes-Maritimes)
  • RESF 83 (Var)
  • Roya citoyenne (La)
  • RUSF 13
  • Secours catholique 06 (Alpes maritimes)
  • Solidaires en Montagne de la Haute vallée du Var
  • Tous migrants (Briançon, Hautes-Alpes)

Pays-de-la-Loire

  • CDAFAL de la Loire
  • GASPROM -Asti de Nantes
  • DAL (Droit au logement) – 44
  • Journal La Mée – Châteaubriand (44)
  • Mrap-région nazairienne

Organisations syndicales

Unions nationales

  • Émancipation tendance intersyndicale
  • FERC CGT (Fédération de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture)
  • Info’Com-CGT
  • SAF (Syndicat des avocats de France)
  • SGLCE-CGT (Syndicat Général du Livre et de la Communication Écrite CGT)
  • SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles et PEGC)
  • SNPES-PJJ-FSU (Syndicat National des Personnels de L’Éducation et du Social)
  • Solidaires Étudiant-e-s
  • SUD Collectivités territoriales
  • SUD Éducation
  • SUD Logement social
  • SUD Santé Sociaux
  • Syndicat de la Magistrature
  • Syndicat National Unitaire des Assistantes Sociales de la Fonction Publique (FSU)
  • Union syndicale Solidaires

Union départementales et locales

  • FSU 59/62
  • Solidaires 30 (Gard)
  • SUD Industrie Francilien
  • Syndicat National des Musées et des Domaines – section GGT Culture Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration
  • Union départementale Solidaires Pas-de-Calais
  • Union départementale syndicale Solidaires 21
  • Union départementale SUD Éducation Alsace

Réseaux internationaux

  • EuroMed Droits
  • Forum civique européen

Avec le soutien des organisations politiques

Organisations nationales

  • Alternatives et Autogestion (A&A)
  • Alternative Libertaire
  • EELV (Europe Écologie Les Verts)
  • Ensemble
  • OCL (Organisation communiste libertaire)
  • PCF – Parti communiste français

Organisations locales

  • Fédération de l’Yonne du Parti Communiste Français
  • EELV Corrèze
  • EELV Creuse
  • EELV Haute-Vienne
  • EELV Limousin

Chemins d’exil – 8 à 14 ans

Chemins d’exil

Cet outil a été conçu par la Croix Rouge de Belgique, en réaction notamment aux insultes et discriminations que subissaient des adolescent.e.s demandant l’asile au sein de leurs établissements scolaires. Il s’appuie sur une bande-dessinée.

 

L’histoire

Trois familles venant d’Afrique, du bassin méditerranéen et du Caucase, sont contraintes de quitter leurs pays. Elles se retrouvent dans un centre d’accueil de la Croix-Rouge en Belgique et partagent pendant quelques mois les réalités de la demande d’asile.

 

Fiche technique

Public ciblé: 8 à 14 ans

Objectif: Sensibiliser au vécu des personnes qui demandent l’asile, aux réalités socio-économiques de l’exil. Réfléchir à la notion de préjugés.

Durée: 50 minutes et plus

Matériel requis: 1 BD + 1 cahier pédagogique

 

Le matériel

Le cahier pédagogique est disponible ici

La bande-dessinée peut être commandée à cette adresse : service.ada@croix-rouge.be

 

Remarques

La bande-dessinée, sortie en 2004, et le cahier pédagogique, sont adaptés au contexte belge. Les ressources du cahier pour approfondir certains points  devront donc être revues et actualisées. Par contre, les jeux et outils d’animation proposés sont mobilisables tels quels !

 

Le Carnet de Chico – 5 à 8 ans

Le carnet de Chico

« Regards d’enfants sur le parcours de demandeurs d’asile »

 

Cet outil a été conçu par la Croix Rouge de Belgique, autour d’un petit film d’animation de 11 minutes. 25 élèves, âgé.e.s de 10 et 11 ans, ont participé à chacune des étapes de ce film, de sa conception à la réalisation cinématographique !

 

L’histoire

Chico et Moclou construisent un bateau afin d’accompagner un animal marin lors de son dernier voyage. Un jour, Chico disparaît mystérieusement. Inquiet, Moclou part à sa recherche. Son enquête le mène jusqu’au centre d’accueil des personnes demandant l’asile, où il récoltera les indices nécessaires pour retrouver son ami et sa famille…

 

Fiche technique

Public ciblé: 5 à 8 ans

Objectif: Réfléchir aux raisons de l’exil et découvrir l’accueil en Belgique d’un jeune demandeur d’asile et de sa famille

Durée: 1heure et plus

Matériel requis: Film et carnet + fiches pédagogiques

 

Le matériel

Le film d’animation et le making-of sont visibles en ligne (mais pas téléchargeables). Film et carnet peuvent être commandés à cette adresse : service.ada@croix-rouge.be

 

Remarques

Le film est sorti en 2007. Les quelques données dans les fiches pédagogiques datent de 2008 et concernent la Belgique. Quelques informations devront donc être adaptées, mais assez marginalement!

 

Pour en finir avec le délit de solidarité

Delinquants_solidaires_v04

Communiqué de presse

 

12 janvier 2017 – Procès d’habitants de la vallée de la Roya « coupables » d’être venus en aide à des réfugié⋅e⋅s, avec la menace de lourdes sanctions. Mesures d’intimidation, poursuites – et parfois conmnations – de personnes ayant agi en soutien de migrant⋅e⋅s ou de Roms, à Calais, à Paris, à Norrent-Fontes, à Boulogne, à Loos, à Perpignan, à St-Etienne, à Meaux… On assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est tenue pour un délit.

Il est clair que les autorités entendent faire plier les citoyennes et les citoyens qui n’adhèrent pas aux politiques de non accueil et de mise à l’écart des migrants, et qu’elles n’hésitent pas pour cela à les assimiler à ceux qui profitent de la vulnérabilité des exilé⋅e⋅s et les exploitent, passeurs et trafiquants en tout genre.

100 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales, publient un manifeste par lequel elles entendent dénoncer ces procédés. Dans les semaines qui viennent, elles mettront en œuvre toutes sortes d’actions afin que soient préservés le droit de regard, le droit de critique, le droit de s’opposer à des politiques qu’on désapprouve, le droit de se conduire autrement qu’en agent de politiques de fermeture : le droit d’agir en toute humanité.


Ci-dessous:

  • Manifeste « La solidarité, plus que jamais un délit ? »
  • Les 100 premières organisations signataires
  • Différents moyens de participer à la mobilisation du collectif

 

____________

Manifeste

La solidarité, plus que jamais un délit ?

janvier 2017

Bien sûr, la solidarité n’a jamais été inscrite dans aucun code comme un délit.

Cependant, des militants associatifs qui ne font que venir en aide à des personnes en situation de très grande précarité, victimes de décisions dangereuses, violentes, voire inhumaines, se retrouvent aujourd’hui face à la justice.

Avec l’instauration de l’état d’urgence, et dans le contexte baptisé « crise migratoire », on assiste à une recrudescence de poursuites visant à empêcher l’expression de la solidarité envers migrants, réfugiés, Roms, sans-papiers… Au-delà, c’est le soutien à l’ensemble des personnes étrangères qui tend à devenir suspect, l’expression de la contestation des politiques menées qui est assimilée à de la rébellion et au trouble à l’ordre public.

La loi permet en effet de poursuivre les personnes qui viennent en aide aux « sans-papiers »[1],  mais toutes sortes d’autres chefs d’accusation servent désormais à entraver toute action citoyenne qui s’oppose aux politiques mises en œuvre. L’ensemble de ces intimidations, poursuites, condamnations parfois, visent donc bien en fait ce qui constitue de nouvelles formes du « délit de solidarité ».

Dès 2009, les associations de défense des droits de l’Homme et de soutien aux étrangers avaient dénoncé le fait que le délit d’« aide à l’entrée, à la circulation et au séjour des étrangers en situation irrégulière », introduit à l’origine pour lutter contre ceux qui font commerce du trafic et de l’exploitation des étrangers, ait permis au fil du temps de sanctionner les « aidants » d’étrangers sans papiers, même agissant dans un but non lucratif. Si les peines prévues ne sont pas toujours appliquées, une telle réglementation a bien sûr un effet dissuasif sur celles et ceux qui refusent de se soumettre à des politiques hostiles aux étrangers.

La mobilisation associative, à l’époque, a abouti à plusieurs réformes successives, dont celle du 31 décembre 2012 qui a été présentée comme la « suppression » du délit de solidarité. Il n’en est rien ; la nouvelle rédaction des textes se contente de préciser et augmenter les cas d’exemption de poursuites. Outre l’aide apportée à des parents, est autorisée l’aide qui aura seulement visé à « assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger » ou à « préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ». Malgré tout, des personnes ayant manifesté leur solidarité avec des étrangers sans titre de séjour continuent d’être inquiétées – convocations à la police ou à la gendarmerie, gardes à vue, perquisitions, écoutes téléphoniques – voire poursuivies et parfois punies d’amende et emprisonnement.

Dans le même temps, des poursuites ont commencé d’être menées sur la base de textes sans rapport avec  l’immigration.

  • Les délits d’outrage, d’injure et de diffamation, de rébellion ou violences à agent de la force publique sont utilisés pour défendre l’administration et la police contre celles et ceux qui critiquent leurs pratiques ;
  • Le délit d’« entrave à la circulation d’un aéronef », qui figure dans le code de l’aviation civile, permet de réprimer les passagers qui, voyant des personnes ligotées et bâillonnées dans un avion, protestent contre la violence des expulsions ;
  • La réglementation qui sanctionne l’emploi d’un travailleur étranger sans autorisation de travail a servi à inquiéter des personnes qui, hébergeant des étrangers en situation irrégulière, acceptent que leurs hôtes les aident à effectuer des tâches domestiques.

Aujourd’hui, les motifs des poursuites se diversifient toujours plus. Tandis que les poursuites pour aide à l’entrée et au séjour ont repris de plus belle, de nouveaux chefs d’accusation sont utilisés pour condamner les actions solidaires :

  • La réglementation en matière d’urbanisme a été invoquée à Norrent-Fontes (Pas-de-Calais) pour demander la destruction d’abris pour migrants ;
  • Des textes sur l’hygiène ou la sécurité applicables à des locaux ont servi à empêcher des hébergements solidaires à St-Etienne ;
  • L’absence de ceinture de sécurité et d’un siège pour une fillette à bord d’un camion a permis la condamnation d’un aidant à Calais ;
  • L’intrusion dans des zones particulières, interdites pour cause d’état d’urgence, a été utilisée, à Calais également, pour sanctionner le regard citoyen ;
  • Le délit de faux et usage de faux est utilisé pour intimider des personnes qui ont voulu attester de la présence depuis plus de 48h de personnes dans un squat à Clichy ;
  • etc.

Et, de plus en plus, le simple fait d’avoir voulu être témoin d’opérations de police, d’expulsions de bidonvilles, de rafles, peut conduire à une arrestation, sous couvert de rébellion ou de violences à agent.

Ces procédés d’intimidation doivent cesser. Nous affirmons la légitimité du droit de regard des citoyens et des citoyennes sur les pratiques de l’administration, de la justice ou de la police. Nous voulons que soient encouragé·e·s celles et ceux qui se montrent solidaires des personnes en situation de précarité sans se soucier de savoir si elles sont ou non en situation régulière quant au séjour. Nous refusons que les populations visées par des politiques ou des pratiques xénophobes soient privées de soutien.  C’est l’avenir du principe même de solidarité qui est en jeu.


Rejoindre le collectif et participer à ses actions : voir encadré après les signatures

 

Premières organisations signataires :

Associations nationales

Acort (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie)

ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)

ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers)

AFVS (Association des familles victimes du saturnisme)

Amoureux au ban public (Les)

Attac France

Catred (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits)

Cedetim/Ipam (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale)

Ceras (Centre de recherche et d’action sociales)

Cnafal (Conseil national des associations familiales laïques)

Collectif National Droits de l’Homme Romeurope

Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre

Comede (Comité pour la santé des exilés)

Comegas (Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins)

Copaf (Collectif pour l’avenir des foyers)

Culture et Liberté

Emmaüs France

Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s)

Fédération Entraide Protestante

Fnars (Fédération des acteurs de la solidarité)

Fondation Abbé Pierre

FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives)

Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)

Jesuit Refugee Service (JRS) France

La Cimade

LDH (Ligue des droits de l’Homme)

Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)

RESF (Réseau Éducation Sans Frontières)

Revivre (association de soutien aux demandeurs d’asile, réfugiés syriens et prisonniers politiques en Syrie)

Secours Catholique

UJFP (Union juive française pour la paix)

Utopia 56

Associations locales

  • Auvergne-Rhône-Alpes

RESF 03 (Allier)

RESF 43 (Haute-Loire)

RESF 63 (Puy-de-Dôme)

  • Bourgogne-Franche-Comté

Collectif Creusot-Autun des Droits de l’Homme

Les Amis du CADA (Digoin, Saône-et-Loire)

  • Centre-Val-de-Loire

La Cimade – groupe local de Blois

  • Hauts-de-France

ACC Minorités visibles (Dunkerque)

Adra Dunkerque

Arras Solidarité réfugiés

Attac Artois

Auberge des Migrants (L’)

Care4Calais

Collectif de soutien à Jean Luc Munro

Équipe de soutien juridique de Dunkerque

Flandres Terre solidaire

Fraternité Migrants Bassin Minier 62

La Cabane juridique  / Legal Shelter

La Fraternité (Bruay-la-Buissière)

Le Réveil Voyageur

Mrap Dunkerque

Planning familial Pas-de-Calais

Salam Nord/Pas-de-Calais

Terre d’errance

Terre d’errance Flandres littoral

  • Île-de-France

ASEFRR (Association Solidarité Essonne Familles Roumaines et Rroms)

Aset 93 (Association d’aide à la scolarisation des enfants Tsiganes)

Assemblée citoyenne du 14ème

Collectif de Vigilance Paris12 pour les droits des étrangers-RESF

Collectif Romeurope du Val Maubuée

Collectif de soutien 5è-13è aux migrants d’Austerlitz

Ecodrom 93

Hors la Rue

Inter-Collectif Parisien de Soutien aux Migrant-es

La Chapelle debout

Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau

Paris d’exil

RESF 93

Romeurope 94

Solidarité migrants Wilson

Turbulences Marne-La-Vallée

  • Normandie

Itinérance Dieppe

Itinérance Cherbourg

  • Occitanie

Cercle des Voisins du CRA de Cornebarrieu (Haute-Garonne)

Planning familial 48 (Lozère)

  • PACA

Association pour la démocratie à Nice

Beaux repères (Avignon)

Collectif Agir à Aix-en-Provence pour l’accueil des migrants en pays d’Aix

Comité de Vigilance des Alpes Maritimes (COVIAM)

Habitat et citoyenneté (Nice)

MRAP Vaucluse

Roya citoyenne (La)

Tous migrants (Marseille)

 

Organisations syndicales

Émancipation tendance intersyndicale

Fédération Solidaires Étudiant-e-s

FERC CGT (Fédération de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture)

SAF (Syndicat des avocats de France)

SGLCE-CGT (Syndicat Général du Livre et de la Communication Écrite CGT)

SNUipp-FSU (Syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles et PEGC)

SNPES-PJJ-FSU (Syndicat National des Personnels de L’Éducation et du Social)

Solidaires Étudiant-e-s

SUD Collectivités territoriales

SUD Éducation

SUD Industrie Francilien

SUD Logement social

SUD Santé Sociaux

Syndicat de la Magistrature

Union départementale Solidaires Pas-de-Calais

Union syndicale Solidaires

 

Avec le soutien des organisations politiques :

Alternative Libertaire

EELV (Europe Écologie Les Verts)

OCL (Organisation communiste libertaire)

 


                        Différents moyens de

                        participer à la mobilisation

                        du collectif

 

Apporter la signature d’une organisation (association, syndicat, collectif),

pour rejoindre le collectif (à partir du 13 janvier)

contact@delinquantssolidaires.org

 

Participer à la journée d’action

le jeudi 9 février 2017

Rassemblements, prises de parole, formation de chaînes humaines

pour proclamer que nous sommes tous « délinquants » et solidaire des étrangers…

À Paris, un rassemblement sera organisé à 10 heures – le lieu, le type d’action et les intervenants seront précisés ultérieurement.

Être tenu⋅e au courant de l’activité du collectif

Demander à être abonné⋅e à la liste de diffusion http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/delinquants-solidaires-info

 

Contribuer à la mobilisation, diffuser de l’info, des textes et photos d’actions de protestation

#DélinquantsSolidaires

en ciblant les messages (par ex. @Place_Beauvau ou @justice_gouv…)

« Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors je suis un⋅e délinquant⋅e »

 

 S’informer des cas de poursuites passés et en cours

Voir dossier à www.gisti.org/delits-de-solidarite

 

Faire connaître au collectif des cas relevant, directement ou indirectement,

du délit de solidarité

Écrire à <contact-delit-de-solidarite@gisti.org>

Attention :

Il faut que l’intéressé⋅e soit d’accord pour que son cas soit mis en ligne, même anonymisé (de fait l’anonymat n’empêche pas de savoir de qui il s’agit…) ou bien que l’affaire ait déjà été médiatisée.

Les faits essentiels doivent être présentés (circonstances, garde à vue, comparution, décisions…) et avérés. Joindre si possible tout document officiel.

 

[1]    Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), articles L.622-1 et suivants

27/01/2017 // Conférence Karen Akoka // Le tri des indésirables?

La PSM est heureuse de vous inviter à sa prochaine conférence-débat :

« Migrant.e.s économique » ou « réfugié.e.s politiques »: le tri des indésirables? »

L’Union européenne divise les exilé·e·s présent·e·s sur son territoire en 2 catégories : Celles et ceux qui fuient des menaces, qu’on appelle des « réfugié·e·s politiques », et que l’Europe devrait accueillir selon la convention de Genève signée en 1951. Et les autres, qui viendraient « seulement » pour des questions économiques, et que l’Europe aurait le droit de refuser. Quelle est l’origine de cette distinction et à quoi sert t-elle?

Nous vous proposons d’y réfléchir avec Karen Akoka, Maître de conférence en science politique, spécialisée sur les questions de migration et d’asile.

Cette conférence-débat se tiendra le vendredi 27 janvier à 18h30 à Grande-Synthe (ATRIUM, salle 2, place du marché).

Inscription souhaitée ici:
https://frama.link/conf_karen_akoka

conference-akoka
Au plaisir de vous y voir!

Outils vidéo : documenter le travail des volontaires

L’Auberge des migrants et Help Refugees ont produit 3 courts documentaires sur le travail des volontaires auprès des exilé.e.s à Calais :

  1. « Entre’Aide: Le Parapluie » (5:27)video-le-parapluie2. « Entre’Aide: Recensement mensuel » (7:24)video-recensement-mensuel3. « Entre’Aide: Refugee Community Kitchen » (7:26)video-community-kitchen

 

Voeux de lucidité, de clairvoyance et d’énergie // Martine Devries, Présidente de la PSM

C’est la coutume de faire des vœux, je vais m’y conformer.

Je fais le vœu que nous, lectrices et lecteurs de cette lettre, nous restions lucides et clairvoyants, et pleins d’énergie pour agir dans le sens que nous souhaitons.

Lucides et clairvoyants sur la situation des exilé·e·s dans notre région : le déguerpissement de la jungle de Calais s’est accompagné de beaucoup de violence, administrative au moins, et d’injustices criantes. Les problèmes de celles et ceux qui ont quitté Calais pour les CAO sont loin d’être réglés, au contraire des promesses qui ont eu l’air d’être faites, au moins aux médias. Le sort des personnes mineures en particulier, empêchées de rejoindre leur famille ou leurs proches, alors qu’on leur a fait croire à cette possibilité, est inadmissible et révoltant.

Lucides sur la présence d’exilé·e·s dans notre région, qu’elles ou ils soient primo-arrivants ou de retour, par tout petit groupe, ou en camp formel ou  informel. Sur la manière dont on rend ces personnes « invisibles » : cueillies à l’arrivée du train, emmenées systématiquement en centre de rétention, transférées dans un autre, relâchées ou parfois expulsées avec les dangers que l’on sait et que nous voulons continuer à dénoncer.

Lucides sur les politiques migratoires de l’Union européenne, responsables de ces mauvais traitements.

Et aussi, pleins d’énergie pour chacun·e, pour faire connaître ces injustices, y pallier lorsque c’est possible, conforter les liens entre nous pour rester, et même devenir plus efficaces dans la diversité de nos actions. C’est la raison d’être de la PSM : agir en soutien à chacun·e, contribuer à coordonner les actions, à lutter contre les dénis de droit et à toujours mieux faire connaître les conséquences du non-accueil.

Bonne année !

Martine Devries, Présidente de la Plate-forme de services aux migrants

La Croix // Le Défenseur des droits dresse un bilan sévère des opérations Calais et Stalingrad

http://www.la-croix.com/France/Immigration/Migrants-Defenseur-droits-dresse-bilan-severe-operations-Calais-Stalingrad-2016-12-20-1200811894

Le Défenseur des droits a envoyé des agents en observation lors des démantèlements de Calais et Paris, puis dans les centres qui ont reçu les migrants évacués. Le rapport publié à partir de ce travail est édifiant, notamment en ce qui concerne les mineurs isolés.

Migrants durant l’évacuation de la « jungle » de Calais, le 26 octobre 2016. / Philippe Huguen/AFP

C’est un rapport particulièrement sévère qu’ont publié mardi 20 décembre les services du Défenseur des droits Jacques Toubon sur le démantèlement des camps de migrants de Calais et de Stalingrad.

Plus de 7 000 personnes (dont 1 900 mineurs) avaient été mises à l’abri lors du démantèlement de la « Jungle » de Calais fin octobre. À Paris, plus de 3 880 personnes ont été évacuées le 4 novembre à Paris, où 29 autres démantèlements avaient déjà eu lieu.

Relire : À Paris, le camp de migrants de Stalingrad démantelé pour la trentième fois

À l’inverse des pouvoirs publics qui « se sont félicités d’avoir conduit une opération humanitaire de grande envergure » à Calais et Paris, le Défenseur des droits, qui a envoyé des agents en observation lors des deux démantèlements ainsi que dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO) pour adultes et pour mineurs (Caomi), souligne qu’il « ne partage pas ce satisfecit ». La situation des mineurs isolés, qui « n’a pas fait l’objet d’une priorité », est particulièrement montrée du doigt.

À lire : De la jungle aux centres d’accueil, la longue route des réfugiés de Calais

« Absence d’anticipation »

Premier reproche : « l’absence d’anticipation des pouvoirs publics » en amont des démantèlements a été très préjudiciable, en particulier pour les mineurs isolés. Alors que le nombre de mineurs isolés recensés est passé de 310 en mars 2016 à 1 600 en octobre, le défenseur s’interroge sur « l’inertie des pouvoirs publics » qui « les ont laissés vivre dans un bidonville dans des conditions indignes, en situation de danger ». Est ainsi cité le cas d’un enfant de 14 ans, qui avait fait une demande de réunification familiale mais qui, en l’absence de réponse, a tenté à nouveau d’embarquer dans un camion, et est décédé au cours de cette tentative.

« Critères subjectifs »

Les conditions des démantèlements ont aussi été scrutées. Si le « professionnalisme des forces de l’ordre » est souligné, le rapport décrit un manque d’informations données aux exilés et « déplore les conditions dans lesquelles ont été effectuées les orientations des personnes en fonction d’une minorité ou d’une majorité d’apparence fondées uniquement sur des critères subjectifs ».

« Promesses non tenues »

Mais surtout, le devenir des exilés depuis les démantèlements est passé à la loupe. Et le Défenseur des droits évoque des « promesses non tenues », notamment à l’égard des exilés dits « dublinés ». Conformément aux accords de Dublin, les migrants dont les empreintes ont été relevées dans un autre pays européen, sont censés être renvoyés vers ce pays pour y faire leur demande, mais le gouvernement s’est engagé à ne pas « dubliner » les exilés qui auraient accepté d’aller en CAO. Or « le défenseur des droits est informé de l’engagement de plusieurs procédures Dublin depuis les CAO ».

À lire : Que deviennent les anciens migrants de Calais ?

De même, alors que l’immense majorité des mineurs de Calais ont accepté de rejoindre les Caomi dans l’espoir d’y instruire leur demande d’asile en Angleterre, beaucoup déchantent aujourd’hui car Londres a restreint ses critères. Au 13 décembre, seuls « 468 mineurs auraient été transférés au Royaume-Uni depuis le démantèlement ». Le rapport souligne des « risques de fugue de mineurs qui recevront une réponse négative ».

« Risques de décompensations psychiques »

Ceux qui resteront ne pourront être acceptés dans les centres départementaux de l’aide à l’enfance que s’ils se plient à nouvelles évaluations pour apprécier leur minorité et leur isolement. Le Défenseur des droits pointe « les risques de décompensations psychiques qui pèsent sur ces jeunes gens ». Il préconise plutôt que « les pouvoirs publics donnent aux jeunes présents dans les Caomi un statut légal, et garantissent leur accès aux droits à l’éducation et à la santé ».

Globalement, conclut le Défenseur des droits, ces constats « indiquent à quel point les solutions mises en œuvre, même lorsqu’elles se présentent comme humanitaires », sont « davantage empreintes de considérations liées à la maîtrise des flux migratoires qu’aux exigences du respect des droits fondamentaux des intéressés ».

Nathalie BIRCHEM

 

 

 

Défenseur des droits // Démantèlement des campements et prise en charge des exilés Calais – Stalingrad

http://www.defenseurdesdroits.fr/fr/publications/rapports/rapports-thematiques/rapport-d’observation-demantelement-des-campements-et

L’année 2016 a vu se multiplier les opérations de démantèlement de campements de migrants, à Calais, à Grande-Synthe, ou encore à Paris. Ces « points de fixation », qui semblent chaque fois se reformer aussi vite qu’ils ont été évacués, apparaissent comme le symptôme de l’échec de la politique européenne d’accueil des réfugiés. Dans le contexte d’une augmentation sans précédent des mouvements migratoires, les réponses s’avèrent aujourd’hui totalement inadaptées : limitation des voies légales d’émigration, maintien du règlement Dublin III, développement à la marge des mécanismes de solidarité et de relocalisation. Ceci contribue à la saturation des dispositifs d’accueil nationaux et vient grossir les rangs des exilés contraints de subir des conditions de vie indignes, tandis que s’expriment dans les opinions publiques des pays des positions de rejet et de peur.

Depuis plusieurs années, le Défenseur des droits dénonce fermement l’existence des bidonvilles. Il entend néanmoins être vigilant à l’égard des modalités dans lesquelles se déroule leur démantèlement. En effet, le Défenseur des droits s’inquiète de ce que ces opérations fassent primer un objectif d’efficacité à court terme sur celui d’un accueil durable et respectueux des droits fondamentaux des exilés, en particulier des plus vulnérables.

Dans le contexte de l’automne 2016, le Défenseur des droits a entendu faire un plein usage des pouvoirs qui lui sont dévolus, en mandatant sur place des agents assermentés chargés d’observer les conditions dans lesquelles se déroulaient ces opérations d’évacuation et de rendre compte de la pertinence des moyens déployés par l’Etat pour garantir que ces opérations soient conformes aux obligations de respect des droits fondamentaux qui lui incombent en vertu du droit européen et international.

Quelques extraits de la conclusion (Page 58)

« Le DDD rappelle que les opérations d’évacuations doivent être anticipées, préparées, coordonnées pour éviter les atteintes aux droits fondamentaux des exilés »

« Il constate combien l’intérêt des mineurs n’a pas fait l’objet d’une priorité dans cette opération » / « Le manque d’anticipation des opérations a conduit à la création d’un dispositif dérogatoire du droit commun ne permettant pas d’assurer complètement les droits fondamentaux des enfants et tout simplement leur protection » / « Le ddd recommande de donner aux jeunes présents dans les CAOMIE un statut légal, administratif ou judiciaire et de garantir leurs accès aux droits, à l’éducation, à la santé »

Le DDD se pose la question de l’accueil des exilés en France : « plutôt que de rechercher les conditions d’un accueil digne et perenne de personnes en quête de protection, d’autres logiques priment: la suspicion à l’égard de celui ou de celle qui pourrait être un faux mineur, un faux demandeur d’asile, la dissuasion à l’égard des potentiels demandeurs d’asile craignant d’être renvoyés vers un état dans lequel ils risquent de subir des traitements inhumains ou dégradants ; le désengagement à l’égard des mineurs qu’on souhaite avant tout confier au royaume Uni. Les constats dressés dans le présent rapport indiquent à quel point les solutions mises en oeuvre, même lorsqu’elles se présentent comme humanitaires, sont davantage empreintes de considérations liées à la maitrise des flux migratoires qu’aux exigences du respect des droits fondamentaux des intéressés ».